Actualité juridique – 16 octobre 2026
Publiée au Journal de Monaco le 16 octobre 2026, la loi n° 1.597 du 9 octobre 2026 renforce le dispositif du droit au compte instauré en 2020. Elle encadre plus strictement le traitement des demandes par les établissements bancaires et facilite les démarches du demandeur en cas de refus ou de silence de la banque.
Des délais de traitement désormais encadrés
La réforme fixe d’abord un calendrier précis à l’établissement saisi. La banque doit solliciter par écrit les pièces nécessaires dans les 30 jours ouvrés suivant la réception de la demande formalisée.
Une fois l’ensemble des pièces reçu, elle dispose de 30 jours ouvrés pour ouvrir le compte, sous réserve du respect de ses obligations légales de vigilance.
Le silence de la banque vaut refus implicite
L’une des principales avancées du texte tient à la consécration du refus implicite. L’absence de réponse pendant 30 jours ouvrés à compter de la réception de la demande, ou après réception des pièces manquantes sollicitées, constitue un refus implicite.
Le demandeur éligible peut alors saisir directement la Direction du Budget et du Trésor, sans avoir à attendre une attestation de refus. La Direction désigne un établissement dans les 10 jours ouvrés suivant la réception des pièces requises.
Un champ d’application élargi
La loi lève également deux obstacles pratiques. D’une part, les bénéficiaires du dispositif peuvent exercer leur droit au compte dès réception d’une notification de résiliation de leur compte existant, sans attendre la clôture effective. D’autre part, la détention d’un compte collectif ne fait pas obstacle à l’ouverture d’un compte individuel.
Des voies de recours et un régime de sanctions
L’effectivité du dispositif est assurée par un contrôle juridictionnel et par des sanctions. Le refus ou le défaut d’ouverture dans les délais par une banque désignée peut être contesté devant le Président du Tribunal de première instance statuant en la forme des référés.
Par ailleurs, certains manquements aux obligations de délivrance d’une attestation de refus ou de notification d’un rejet peuvent entraîner une amende administrative allant jusqu’à 10 000 euros.
Les bonnes pratiques pour le demandeur
En pratique, la réforme souligne l’importance de la preuve. Il est recommandé de formaliser la demande par courrier recommandé, envoi recommandé électronique ou dépôt au guichet contre récépissé, et de conserver les justificatifs de transmission des pièces.
Le droit au compte demeure en tout état de cause soumis aux exigences de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Entrée en vigueur et dispositions transitoires
La loi est entrée en vigueur le 17 octobre 2026. Des dispositions transitoires réservent notamment les nouvelles règles de traitement des demandes et les sanctions correspondantes aux demandes déposées après cette date.