L’arrêté ministériel n° 2026-548 du 30 septembre 2026, publié au Journal de Monaco du 16 octobre 2026, établit la liste des pays, territoires et organisations internationales reconnus comme offrant un niveau de protection adéquat des données personnelles. Une évolution importante pour les entreprises monégasques procédant à des transferts internationaux de données.
Pris en application de l’article 97 de la loi n° 1.565 du 3 décembre 2024 relative à la protection des données personnelles, cet arrêté précise le cadre juridique applicable aux transferts internationaux de données depuis Monaco.
Les juridictions reconnues comme offrant un niveau de protection adéquat
La liste comprend les États membres de l’Union européenne, le Royaume-Uni, la Suisse, Andorre, l’Argentine, le Brésil, la Nouvelle-Zélande et l’Uruguay.
Elle inclut également l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège, Guernesey, Jersey, l’île de Man, les îles Féroé ainsi que l’Organisation européenne des brevets.
Le Canada figure également parmi les juridictions reconnues, mais cette reconnaissance concerne spécifiquement les organisations du secteur privé soumises à la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (LPRPDE), dans le cadre de leurs activités commerciales.
Il convient toutefois de souligner que les États-Unis, le Japon, la République de Corée et Israël ne figurent pas sur la liste définitive, alors que leur inclusion avait initialement été envisagée.
Quelles conséquences pour les entreprises monégasques ?
Les transferts de données personnelles vers les juridictions reconnues comme offrant un niveau de protection adéquat peuvent être effectués sans formalité préalable spécifique au transfert, sous réserve du respect des autres obligations légales.
En revanche, les transferts vers des juridictions ne bénéficiant pas d’une reconnaissance d’adéquation demeurent possibles, sous réserve du respect des mécanismes prévus par la loi n° 1.565, notamment :
- Article 98 : les garanties appropriées, telles que les clauses types de protection approuvées par l’Autorité de Protection des Données Personnelles (APDP) ou les règles d’entreprises contraignantes.
- Article 99 : les dérogations légales applicables sous certaines conditions.
- Article 100 : l’autorisation préalable de l’APDP, sur la base de garanties particulières.
La publication des clauses types de protection de l’APDP, qui pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026, devrait apporter des précisions complémentaires sur l’encadrement de ces transferts.
Un enjeu majeur de conformité
Ces évolutions concernent particulièrement les entreprises monégasques ayant recours à des prestataires internationaux, à des services cloud ou à des solutions informatiques impliquant des transferts de données personnelles à l’étranger.
Il est donc essentiel pour les entreprises d’examiner leurs flux internationaux de données et de s’assurer que les garanties juridiques appropriées sont mises en place.
L’accompagnement de Gordon S. Blair
Gordon S. Blair accompagne les entreprises, les investisseurs et les dirigeants dans la structuration et le développement de leurs projets à Monaco, en leur apportant un conseil juridique adapté à leurs besoins et aux spécificités de l’environnement réglementaire monégasque.
Fort de son expertise en droit des affaires, en gestion des risques et en conformité réglementaire, le cabinet accompagne ses clients dans l’identification et l’anticipation des enjeux juridiques et réglementaires.
L’évolution du cadre législatif relatif à la protection des données personnelles souligne l’importance d’intégrer les exigences de conformité dans la conduite des activités et le développement des projets, afin de sécuriser les opérations et de maîtriser les risques juridiques.